Bonne nouvelle pour nous toustes en quête de médecins : Nvidia, le leader mondial des puces électroniques va entrer dans le capital de Doctolib, pour - dixit son PDG fondateur, le génial taïwano-américain Jensen Huang - « lancer la révolution de l'intelligence artificielle en Europe » (continent d'attardés, comme on le sait).
Des mots en passant
19 octobre 2026
Diafoirus est sur Doctolib
Bonne nouvelle pour nous toustes en quête de médecins : Nvidia, le leader mondial des puces électroniques va entrer dans le capital de Doctolib, pour - dixit son PDG fondateur, le génial taïwano-américain Jensen Huang - « lancer la révolution de l'intelligence artificielle en Europe » (continent d'attardés, comme on le sait).
Mon 17 octobre
Acte I - Rejoindre la manif'
Nous voulions en être, "nous, les adultes", leur faire un bout de conduite. Nous avons donc quitté notre province vendredi soir par le dernier train, qui nous faisait arriver à Paris vers 21 h et quelque. Le samedi matin, nous avions prévu de rallier la place de la République d’où devait démarrer le cortège de la manifestation. V. et son mari F. nous y attendraient, a priori devant le Starbuck, à 13 h 30. Pour une raison qu’elle ignore, Marie-Aude avait appris que c’est devant ce café que se retrouvaient aussi les adhérents... de la FCPE des Lilas, des parents, donc, d'autres adultes. Aléas des liens à l'ère des réseaux. Elle avait donc choisi ce point de ralliement. Nous avons pris la ligne 4 à Alésia pour descendre à Château d’eau et de là rejoindre la Rép'. Sans aucun préavis, la RATP a interrompu son service à Réaumur-Sébastopol. Nous sommes donc sortis sur la rue de Réaumur pour poursuivre notre route à pied mais un policier, inexplicablement, nous a interdit de traverser le boulevard Sébastopol à cet endroit, nous invitant à passer par la rue Palestro pour traverser le boulevard 50 m plus haut. Nous sommes passés devant le CNAM et avons repris la rue Réaumur jusqu'aux carrefour des Arts-et-Métiers.
Là, cinq ou six jeunes avaient été alignés le long d’une grille noire, comme prêts à être fusillés, et autant de policiers, de blanc casqués, semblaient les interroger et les fouiller. Pourquoi eux et pas nous ? Après tout, nous avions dans nos poches masques, collyre et lunettes de piscine… Marie-Aude a interrogé un des policiers pour le savoir. « Vous nous faites peur, harnachés et armés comme vous êtes ! » Le policier ne s’est pas départi de son sourire pendant cette interaction un peu tendue et a parlé d'un contrôle « habituel ».
V. nous a alors rappelés : « Ne venez pas à République, la place vient d’être arrosée de gaz lacrymogènes, on est sortis par la rue Meslay ! » Déjà presque arrivés rue de Bretagne à hauteur du marché des Enfants rouges récemment consumé, nous avons donc rebroussé chemin. Nouvel appel de V. : « Nous sommes Porte Saint-Martin ! ». C’est là que nous avons fini par la retrouver avec son mari et deux amies. Courtes présentations, discussion sur les événements du jour et la façon dont nous pourrions rejoindre le cortège. Les élèves de l’école Boule sont passés, suivant un superbe cheval de Troie, eux-mêmes étant déguisés en combattants athéniens…
Acte II - Défiler en manifestant ou manifester en défilant.
Nous avons marché jusqu’à un croisement avec le boulevard de Magenta. Là se trouvait positionné, à l’arrêt, un impressionnant contingent de la Gendarmerie nationale : deux ou trois lignes d’hommes en noir (et quelques rares femmes reconnaissables aux cheveux qui s’échappaient de leur casque) suivis de six ou sept rangées de quatre fourgons qui, de front, occupaient toute la largeur de l'artère.
Une ou deux fanfares ponctuaient joyeusement le défilé avec leurs tubes approximatifs, nous faisant parfois crier « Aliiiiine ! ». Nous avons obliqué vers le boulevard Rochechouart, direction Place de Clichy, terminus prévu de la manif'.
Nous avons quitté le cortège bien avant au niveau de la rue Viollet-le-Duc pour aller boire un verre avec V. et F. et... pisser (sur le parcours, toutes les toilettes Decaux étaient fermées, providence des cafetiers restés ouverts). Vers 17 h, nous étions dans le métro de retour, après avoir traversé la gare du Nord en compagnie de V. et F. qui avaient tenu gentiment à nous remettre sur la ligne 4, de peur que nous nous perdions.
Arrivés chez nous, j'ai allumé la télé et c'est là que j'ai commencé à voir la "troisième mi-temps", quand tout dégénère : les scènes de pillage des magasins, le barrage de policiers sur les Champs Élysées pour interdire l'accès au palais présidentiel, objectif semble-t-il d'un petit millier de manifestants très déterminés. Ceux qui avaient écrit ou lu la pancarte « Goûter à l'Élysée à 17 h » ?
Certains balançaient les chaises vertes du jardin des Tuileries sur les policiers et les voitures, bloquées au sortir du tunnel de l'Alma. « Scènes de chaos urbain » dont se délectaient en boucle les chroniqueurs de CNews, BFM-TV, LCI et même France Info. On peut s'interroger sur l'effet miroir de cette information en continu sur le cerveau de gens qui recherchent leur "quart d'heure de célébrité" ou votent RN. Plus tard en soirée, on a appris : les lieux publics et les mairies investies et saccagées, les échauffourées à Lyon, Marseille, la mairie de Limoges en feu dans la nuit, tous dégâts collatéraux d'une manifestation que les forces de l'ordre sont justement là pour prévenir. Mais elles n'étaient pas positionnées là où elles auraient dû l'être et n'avaient semble-t-il pas eu de consignes pour intervenir dans certains cas de figure. Difficulté d'une manifestation "organique" aux multiples incarnations. Typiquement, l'escadron de gendarmerie que j'ai vu remonter le boulevard de Magenta aurait sans doute dû rester place de la République, au lieu de prendre la tête du cortège car le défilé en lui-même ne présentait aucun risque.
Restent les provocateurs et les "durs", les black blocks qui sont là, en apparence, pour en découdre directement avec les forces de "l'ordre". Et les pillards, en fin de manifestation, alors que les policiers, les gendarmes et les CRS sont "fixés" ailleurs. Leurs conditions d'intervention doivent être visiblement être revues, dans la perspective des prochaines manifestations, avec le retour annoncé des "Gilets Jaunes", les trois prochains samedis. Sur les fourgons de la gendarmerie, on pouvait lire : "NOTRE ENGAGEMENT VOTRE SÉCURITÉ". Une dernière image, symboliquement triste : des policiers s'acharnent à détruire le cheval de l'école Boulle (cf. ci-dessus), une mission prioritaire sans doute, une de plus, pendant que les magasins commençaient à être pillés par des "opportunistes"... Transgression n'est pas sédition.
Acte IV - Et après ?
13 octobre 2026
Naza
Le documentaire de Yuval Abraham et Rachel Szor sera bientôt en ligne, visible par tous via Internet. Avant ou après les midterms américains ?
Naza - documentaire israélien sur la destruction de Gaza et de ses habitants - Yuval Abraham, Rachel Szor - coproduction Le Guardian, Mk2, etc. - 2026
11 octobre 2026
Maintenant elle danse
Madeline Roth, moi qui fais partie de ses quelque 4,8 K "amis" sur Facebook, j'ai l'impression, sûrement illusoire, de la connaître intimement depuis le temps que je lis presque chaque jour le journal extime qu'elle tient à ciel ouvert sur le réseau social. Son dernier livre, dédicacé, m'est arrivé hier par porteuse spéciale en direct d'Avignon, où elle est libraire.
Inutile de lui chanter Parlez-moi d'amour, elle ne semble pas avoir l'intention d'écrire sur autre chose, même si son fils unique, qu'elle n'a pas fait toute seule, occupe une place de choix dans la vie qu'elle raconte.
Dans Maintenant elle danse, elle nous livre sa passion simple à elle - elle admire Annie Ernaux - qui ressemble à une simple impasse. Si elle/son héroïne m'avaient annoncé : "Je suis tombée amoureuse d'un homme marié", je les aurais prévenues : "Galères en vue". Mais c'est peut-être la chute qui est le meilleur moment de l'amour. Tant qu'on tombe, rien de mieux ni de pire ne peut arriver. Pour Guitry, c'était l'escalier qu'il montait, mais en la matière, hommes et femmes n'ont pas les mêmes rites ni les mêmes rythmes.
Maintenant elle danse, c'est donc l'amour au passé décomposé, après la rupture, l'amour enfui, en fuite, à (d)écrire pour que sa brûlure chérie ne s'efface pas trop vite. Et Madeline Roth excelle dans la micro-histoire, au scalpel de ses phrases courtes qui découpent la vie et tatouent sur les corps des morceaux de mémoire à vif.
Les corps, il en est beaucoup question. L'amour, est-ce que c'est autre chose que deux corps, peau à peau ? On peut se redire les mots, mais ça, quand c'est fini, c'est fini. Et, a posteriori, c'était la seule chose qui comptait. Qui contait et conte encore.
Maintenant elle danse - Madeline Roth - éditions Do - paru le 7 mai 2026 (69 pages, 12 €)
08 octobre 2026
The Social Reckoning
J'ai vu hier soir, pour sa sortie française, The Social Reckoning à Paris, un film d'Aaron Sorkin, le même qui avait raconté les débuts de Facebook dans The Social Network. "Inscrit" sur le réseau social depuis le 29 novembre 2008, quatre ans après son ouverture, je ne pouvais guère manquer ce film dont l'affiche montre le visage des trois acteurs et actrice incarnant ses principaux protagonistes.
Au centre, l'employée de Facebook, Frances Haugen qui va se muer en lanceuse d'alerte au contact de Jeff Horvitz (à gauche) journaliste au Wall Street Journal, pour dénoncer les dérives du réseau social fondé et dirigé par Mark Zuckerberg (à droite).
Au plus grand bénéfice du spectateur, le journaliste auquel Frances Haugen va confier ses informations ne comprend pas grand chose. Il n'a rien d'un geek et la patronne du journal qui l'embauche sur cette enquête lève les yeux au ciel quand elle s'aperçoit qu'il ne sait même pas utiliser un GPS. Frances Haugen va donc devoir déployer des trésors de pédagogie pour lui démontrer, et à nous par la même occasion, comment FB a pu radicaliser 64 % de ses utilisateurs (dont une de ses amies qui fait le prologue du film, digne d'un James Bond).
Sorkin entremêle habilement les années, 2019, 2020, 2021. On assiste au démarrage du Covid. À l'entraînement de Mark Zuckerberg à comparaître devant une commission sénatoriale, coaché par le premier cercle de ses collaborateurs/trices, un Zuckerberg coincé et cassant, montré impuissant devant l'assaut du Capitole dont son réseau a favorisé l'organisation. Frances Haugen aime l'entreprise dans laquelle elle s'est engagée car elle croyait à sa mission, relier les uns aux autres.
Mais devant les conséquences des algorithmes mis en oeuvre, qui "mettent les enfants en danger", "sèment le violence ethnique dans le monde", contribuent "à diffuser des messages extrêmes et clivants", ainsi qu'elle en témoignera le 5 octobre 2021 devant une commission sénatoriale, elle fournira à Jeff Horwitz ses "Facebook files" et suppliera les sénateurs de revoir "l'article 230" qui dégage le réseau de toute responsabilité quant aux contenus publiés s'il met en place une régulation de ceux-ci.
Reste une interrogation : tout ceci est déjà de l'Histoire. Comment Facebook continue-t-il à l'infléchir, cette Histoire, les maux dénoncés par Frances Haugen ont-ils été corrigés, des régulations ont-elles été instaurées (la liberté d'expression a bon dos, dans le film) alors que les questions autour de l'IA tiennent désormais le devant de la scène ?
27 septembre 2026
Un Américain à Paris
La messe elle-même m'a paru courte. J'ai renoncé à communier, tant la foule était dense autour des parapluies blancs qui signalaient la présence d'un laïc porteur des hosties, consacrées la matin même par quelque trois mille prêtres, ai-je appris depuis. J'avais malheureusement un train à prendre.
06 juillet 2026
Les choix d'un conseil municipal
Une autre discussion a porté sur le développement d'un projet photovoltaïque porté par Enedis Centre-Val-de-Loire, les panneaux solaires devant recouvrir à terme 13 % de la surface de la commune ! Préférables à des éoliennes ? Là encore les opinions de chacun divergeaient. Qu'est-ce qui défigure le plus un paysage ? Un champ noir de panneaux solaires (et autant de terres agricoles en moins) ou ces modernes moulins à vent qui défient Don Quichotte ? Aurons-nous dans l'avenir plus de vent que de soleil ou l'inverse ?
Diafoirus est sur Doctolib
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Sur la couverture du livre, il ne reste plus qu'une allumette à craquer. Elle semble dire : Je suis venu jeter un feu sur la terre et c...
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Soixante ans après, je viens de relire ce livre. Ou plutôt de le lire, car à 15 ans, qu'en avais-je compris ? Peut-être l'essentiel ...









