Madeline Roth, moi qui fais partie de ses quelque 4,8 K "amis" sur Facebook, j'ai l'impression, sûrement illusoire, de la connaître intimement depuis le temps que je lis presque chaque jour le journal extime qu'elle tient à ciel ouvert sur le réseau social. Son dernier livre, dédicacé, m'est arrivé hier par porteuse spéciale en direct d'Avignon, où elle est libraire.
Inutile de lui chanter Parlez-moi d'amour, elle ne semble pas avoir l'intention d'écrire sur autre chose, même si son fils unique, qu'elle n'a pas fait toute seule, occupe une place de choix dans la vie qu'elle raconte.
Dans Maintenant elle danse, elle nous livre sa passion simple à elle - elle admire Annie Ernaux - qui ressemble à une simple impasse. Si elle/son héroïne m'avaient annoncé : "Je suis tombée amoureuse d'un homme marié", je les aurais prévenues : "Galères en vue". Mais c'est peut-être la chute qui est le meilleur moment de l'amour. Tant qu'on tombe, rien de mieux ne peut arriver. Pour Guitry, c'était l'escalier mais en la matière, hommes et femmes n'ont pas les mêmes rites ni les mêmes rythmes.
Maintenant elle danse, c'est donc l'amour au passé décomposé, après la rupture, l'amour enfui, en fuite, à (d)écrire pour que sa brûlure chérie ne s'efface pas trop vite. Et Madeline Roth excelle dans la micro-histoire, au scalpel de ses phrases courtes qui découpent la vie et tatouent sur les corps des morceaux de mémoire à vif.
Les corps, il en est beaucoup question. L'amour, est-ce que c'est autre chose que deux corps, peau à peau ? On peut se redire les mots, mais ça, quand c'est fini, c'est fini. Et, a posteriori, c'était la seule chose qui comptait. Qui contait et conte encore.
Maintenant elle danse - Madeline Roth - éditions Do - paru le 7 mai 2026 (69 pages, 12 €)
