Bonne nouvelle pour nous toustes en quête de médecins : Nvidia, le leader mondial des puces électroniques va entrer dans le capital de Doctolib, pour - dixit son PDG fondateur, le génial taïwano-américain Jensen Huang - « lancer la révolution de l'intelligence artificielle en Europe » (continent d'attardés, comme on le sait).
Le non moins génial cofondateur (et encore PDG, nonobstant la bonne nouvelle précédente) de Doctolib, M. Niox-Château, vise quant à lui « l'amélioration des parcours de soins grâce à l'intelligence artificielle ». Y aura-t-il, après le succès indéniable de Parcoursup, une plate-forme encore plus géniale et intelligente, Parcoursoins ?
On l'attend avec impatience, car notre jeune amie, affligée depuis quelques mois de règles extrêmement douloureuses et qui s'est confiée ce week-end à Doctolib pour obtenir une consultation gynécologique à Paris 15e en vue de s'ôter de la tête une hantise d'endométriose, s'est vue proposer un rendez-vous dès ce dimanche 18 par le docteur X. qui s'est avéré samedi soir providentiellement doté d'une remplaçant au pied levé, le docteur Y. Résultat : aucun diagnostic précis, une ordonnance pour une échographie chez le docteur Z et notre amie est sortie du cabinet allégée de... 100 €.
L'établissement de cette prescription nécessitait-elle une consultation dominicale à ce prix, qui n'a apporté aucun diagnostic ni aucun soulagement, physique ou moral ? « L'amélioration des parcours de soins » visera-t-elle à éliminer des visites aussi inutiles pour les patients que coûteuses pour la Sécurité sociale ? On en doute un peu. Cependant, vu que les médecins regardent de plus en plus leurs écrans et écoutent de moins en moins leurs patients, il semble clair qu'à un certain stade, les premiers puissent être avantageusement remplacés par une intelligence artificielle. Celle-ci saura au moins reformuler ("j'entends parfaitement votre souffrance") et intégrer les doléances ("si je vous ai bien compris, vous attendez donc une guérison rapide ?") et les symptômes des malades ("vos maux de têtes ressemblent beaucoup à des céphalées") et orienter leur « parcours de soins », efficacement et, qui sait ? à moindre coût.

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