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13 octobre 2026

Naza

Cinéma Le Grand Club à Gien (45), lundi 12 octobre 2026

En faisant vingt kilomètres depuis ma campagne, j'ai pu voir ce lundi soir au Grand Club de Gien (45) ce documentaire dont bruit toute la Toile, quoique presque personne ne l'ait encore vu : depuis une terrasse de la moderne Tel Aviv by night, avec vue imprenable sur ses intérieurs paisibles - modulo les alertes aériennes - et ses habitants, le témoignage anonyme de soldats israéliens engagés sur un front bien particulier : la détection et la détermination, à l'aide d'outils technologiquement avancés - une IA, Lavander, un logiciel espion des conversations téléphoniques, Pegasus - de "cibles", en l'occurrence des hommes du Hamas non pas sur un terrain de guerre mais chez eux, dans leur maison, leur appartement, avec leur famille qui devient ipso facto NAZA. 

NAZA, c'est le nom donné au "dégât collatéral", prévisible et surtout prévu, calculé par l'IA, quand la frappe est déclenchée. Une voix d'enfant annonce joyeusement au téléphone "maman, papa vient de rentrer, tu arrives ?" et boum, feu vert pour exploser tout le monde, de préférence le soir ou dans la nuit. Parfois, Lavander, l'IA qui réunit toutes les données pour en faire une mortelle synthèse, se trompe. Ce n'était pas ce papa-là, ou il était sorti, mais boum quand même, plus de maman, plus de petites filles ni de petits gars. Sans parler des voisins. Quand on vous le répète : "Il n'y a pas d'innocents à Gaza !". Dans certaines missions, le nombre de "naza" a pu atteindre 300, 500 personnes pour une seule "cible"... Rien d'humain dans ce mot, d'ailleurs il n'y a pas d'humains à Gaza. Peut-être qu'il n'y a pas non plus de naza, en fait, s'il n'y a pas d'innocents ? Naza qui sonne à nos oreilles comme le début de Nazareth, la ville où un certain Jésus aurait grandi, en âge et en sagesse, "Naza" si proche de "Nazi" et de "Gaza". Attestée aussi la "mission" assignée à ces hommes de l'ombre d'avoir à programmer la destruction systématique du bâti de Gaza, maisons, immeubles, écoles, hôpitaux, infrastructures vitales.

Les dernières images avaient justement été tournées dans Gaza et ses ruines fumantes. Elles disaient : voilà le résultat de ce que vous venez d'entendre. Un homme, fou d'angoisse, appelait sa femme par son prénom, ajoutant "mon amour !" puis son fils "Saïd, Saïd, SA-ÏD !". En vain. Avant de s'effondrer sur les gravats de son immeuble. Un second plan montrait quelques paires de jeunes jambes poussiéreuses qui dépassaient à peine d'une énorme plaque de béton qui avait écrasé leurs propriétaires.

C'était une séance de ciné-club, suivie de quelques prises de parole, toutes indignées. Une dame se demandait avec inquiétude s'il y avait une différence entre son petit-fils dégommant des ennemis avec son joystick et ces militaires déclenchant la mort à distance. Deux femmes avaient vu cet autre "documentaire", La voix de Hind Rajab, cette fillette tuée par l'armée israélienne, plus émouvant, moins froid que NAZA, disaient-elles. Un autre spectateur était venu avec sa vieille mère qui avait connu les Allemands chez elle et les policiers français collaborateurs des NAZIS. Il a évoqué aussi l'UJFP, l'Union juive française pour la paix, qui lutte pour la coexistence des deux peuples, juif et palestinien, en Israël. Peut-être faut-il aussi citer ici, au générique, les (rares) coproducteurs français de ce film, Nathanaël et Elisha Karmitz, les enfants de Mk2 qui sauvent aussi cet honneur-là, des Juifs de France. À côté de moi, une dame s'est exclamée : "mais c'est un génocide, ce sont des nazis à leur tour !"

Le documentaire de Yuval Abraham et Rachel Szor sera bientôt en ligne, visible par tous via Internet. Avant ou après les midterms américains ? 

Naza - documentaire israélien sur la destruction de Gaza et de ses habitants - Yuval Abraham, Rachel Szor - coproduction Le Guardian, Mk2, etc. - 2026

Naza

Cinéma Le Grand Club à Gien (45), lundi 12 octobre 2026 En faisant vingt kilomètres depuis ma campagne, j'ai pu voir ce lundi soir au Gr...